Nihil novi sub sole

Il est possible qu’il n’y ait rien de nouveau sous le soleil en ce qui concerne les comportements humains. On s’aperçoit même que certains usages qu’on pensait révolus sont toujours là, ressurgissant au grand jour dès que le contexte s’y prête, continuant dans l’obscurité des sociétés quand ce n’est plus le cas. Le génocide, par exemple, pratique assez courante tout au long de l’histoire humaine et que l’on croyait dissoute dans la honte depuis la fin de la seconde guerre mondiale ressurgit sans cesse. Du nettoyage ethnique dans les Balkans jusqu’aux Rohingas la pratique reste toujours vivace et bien ancrée dans certaines mentalités.
L’esclavage pourrait fournir un exemple tout aussi lamentable.
Cependant et au delà de cette vision désespérante de l’humain on constate que des choses et des pensées nouvelles apparaissent sans cesse. Que les humains ne cessent d’inventer, d’innover.
J’hésite devant le mot créer dans la mesure où il suggère l’édition de quelque chose à partir de rien. Car la création par l’homme, l’oeuvre de celui, de ceux qui nous offrent quelque chose que nous percevons comme vraiment neuf ne surgit pas de rien. Elle s’appuie sur un ensemble de données, d’informations, de faits qui, rangés dans la catégorie connaissances, sont mobilisés par l’inventeur, le découvreur, l’innovateur dans la recherche de quelque chose qui représente un pas en avant par rapport à ce qui existe (l’idée de pas en avant n’implique absolument pas que ce pas apporte quelque chose de positif, toute avancée n’est pas progrès).
Peut-on alors dire que ce matériau sur lequel s’appuie l’innovateur ressortit à la culture générale? Dans l’approche classique du concept ce n’est, à l’évidence, pas le cas. Ou du moins si cela est vrai dans les domaines de l’art et de la pensée ce ne l’est plus dans celui de la science ou de la technique.
C’est pourtant l’approche que je choisi ici, car la présence croissante de la technique dans nos sociétés et son investissement du domaine du savoir et de l’intelligence (dans les deux sens du terme : capacité à réfléchir, à penser, à analyser, à résoudre,… et compréhension du monde et des choses qui le constituent) obligent à poser à nouveaux frais la question de la Culture Générale.
Plus possible de limiter la question aux humanités, plus possible, non plus, de se débarrasser de celles-ci au propos que la technique est maintenant reine.
En effet cette dernière a tendance à négliger l’humain, ses valeurs et sa grandeur, au profit d’une manipulation du monde et de la matière, où le pouvoir de faire contraint automatiquement à faire. En même temps les humanités rejettent la technique dans son côté désespérément trivial et par là manque ce qu’elle a d’essentiel dans toute tentative pour penser l’humain.
Il y a donc, à mon avis, matière à réouvrir le dossier à l’étage même des définitions et du projet. Il va être nécessaire de faire cohabiter Steve Jobs et Aristote, le Deep Learning et Montaigne… pour arriver à une conception de la culture à la fois plus juste et plus stimulante.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s